Installer SQL Server : la marche complète
La plupart des installations ratées viennent de deux questions tranchées trop tard : quelle édition, et par quel installeur. Voici la marche complète, du téléchargement au premier accès distant.
Installer SQL Server est simple, à condition d'avoir tranché deux questions avant de lancer quoi que ce soit : quelle édition, et par quel installeur. La plupart des installations ratées viennent de là — pas de l'installation elle-même. Voici la marche complète, du téléchargement au premier accès distant.
Avant tout : quelle édition
SQL Server existe en quatre éditions, et le programme d'installation est le même pour toutes. C'est la clé saisie qui détermine laquelle s'active, et ce que vous avez le droit d'en faire.
- Developer — gratuite, et strictement identique à Enterprise : aucune limite de taille, de mémoire ni de processeurs. Son contrat interdit uniquement l'usage en production. Pour développer, tester ou apprendre, c'est la bonne réponse et elle ne coûte rien.
- Express — gratuite et autorisée en production, mais bridée : 10 Go par base de données, 1 Go de mémoire, un seul processeur exploité. Cela suffit à beaucoup d'applications internes.
- Standard — la première édition payante. Elle lève les limites d'Express et convient à la majorité des serveurs d'entreprise.
- Enterprise — haute disponibilité, partitionnement, compression avancée. Réservée aux environnements qui en ont réellement besoin.
La règle pratique : commencez par Express si vous êtes en production, par Developer sinon. Le passage à Standard ne demande pas de réinstaller — le programme d'installation propose une mise à niveau d'édition, et les bases restent en place.
Étape 1 — Télécharger
Microsoft distribue les éditions gratuites librement. Nous avons rassemblé les liens officiels sur notre page de téléchargement SQL Server :
- SQL2022-SSEI-Dev.exe pour l'édition Developer
- SQL2022-SSEI-Expr.exe pour l'édition Express
Ces fichiers ne font que quelques mégaoctets : ce sont des amorces qui téléchargent ensuite le vrai programme. Prévoyez une connexion stable et environ 1,5 Go.
Pour Standard ou Enterprise, prenez le même installeur et saisissez votre clé au moment demandé.
Étape 2 — Choisir le type d'installation
Au lancement, trois choix apparaissent :
- De base — installe le moteur avec les réglages par défaut, sans poser de question. Convient à un poste de développement.
- Personnalisé — ouvre le Centre d'installation, où l'on choisit chaque composant. C'est celui qu'il faut sur un serveur.
- Télécharger le support — récupère l'ISO complète pour installer hors ligne, ou sur plusieurs machines.
Si vous installez sur un serveur, prenez « Personnalisé ». Les réglages par défaut vous conviendront peut-être, mais autant les voir passer.
Étape 3 — Les écrans qui comptent
Le programme enchaîne une quinzaine d'écrans. Quatre méritent votre attention ; les autres se valident tels quels.
Sélection des fonctionnalités. Services Moteur de base de données suffit dans presque tous les cas. N'ajoutez ni Analysis Services ni Reporting Services « au cas où » : ce sont des services qui tourneront en permanence sans servir.
Configuration de l'instance. L'instance par défaut s'appelle MSSQLSERVER et s'atteint par le seul nom du serveur. Une instance nommée s'atteint par SERVEUR\\NOM. Prenez l'instance par défaut sauf si vous prévoyez d'en héberger plusieurs sur la même machine — c'est plus simple à connecter ensuite.
Configuration du moteur — mode d'authentification. C'est l'écran le plus important.
- Mode Windows uniquement — seuls les comptes du domaine ou de la machine se connectent. C'est le plus sûr, et le bon choix quand tout se passe dans un réseau d'entreprise.
- Mode mixte — active en plus le compte sa et les identifiants SQL. Nécessaire dès qu'une application se connecte avec un utilisateur et un mot de passe plutôt qu'avec un compte Windows.
Si vous hésitez, choisissez le mode mixte : il s'active difficilement après coup, alors qu'on peut toujours ne pas s'en servir. Et donnez au compte sa un vrai mot de passe — c'est la cible numéro un des attaques automatisées sur SQL Server.
Sur le même écran, pensez à vous ajouter comme administrateur SQL Server. Le bouton « Ajouter l'utilisateur actuel » suffit. C'est l'oubli qui oblige à tout recommencer.
Répertoires de données. Sur un serveur, séparez les fichiers de données, les journaux et la sauvegarde sur des disques différents si vous le pouvez. Sur un poste de développement, laissez les valeurs par défaut.
Étape 4 — Installer SSMS, séparément
C'est l'oubli le plus courant après une première installation : SQL Server Management Studio ne s'installe pas avec le moteur. Vous vous retrouvez avec une base de données fonctionnelle et aucune interface pour la piloter.
SSMS se télécharge à part — le lien officiel est sur notre page de téléchargement. C'est un fichier séparé, gratuit, indépendant de l'édition installée.
Il fonctionne aussi depuis un autre poste : rien n'oblige à l'installer sur le serveur lui-même, et c'est même préférable de ne pas le faire.
Étape 5 — Autoriser les connexions distantes
Par défaut, une installation fraîche n'accepte que les connexions locales. Si une application doit s'y connecter depuis une autre machine, il reste trois choses à faire — et c'est là que la plupart des gens s'arrêtent en croyant l'installation ratée.
Activer TCP/IP. Ouvrez le Gestionnaire de configuration SQL Server, section Configuration du réseau SQL Server, protocoles de votre instance. TCP/IP est souvent désactivé. Activez-le, puis redémarrez le service.
Ouvrir le pare-feu. Le port 1433 en TCP pour l'instance par défaut. Une instance nommée utilise un port dynamique : soit vous le fixez dans le même gestionnaire, soit vous ouvrez aussi le port 1434 en UDP pour le service SQL Browser.
Vérifier le service. Le service SQL Server (MSSQLSERVER) doit être démarré et en démarrage automatique.
Testez ensuite depuis l'autre poste avec SSMS, en saisissant le nom du serveur. Si la connexion échoue, c'est presque toujours l'une de ces trois choses — dans cet ordre.
Quand une licence devient nécessaire
Vous en avez besoin dès que vous dépassez Express en production : plus de 10 Go dans une base, plus de 1 Go de mémoire exploitée, ou plusieurs processeurs à utiliser.
Deux façons de licencier, et le choix se joue sur le nombre d'utilisateurs :
- Par cœur — on paie la puissance du serveur, et le nombre d'utilisateurs n'a plus d'importance. C'est le choix obligatoire dès que l'application est exposée sur internet.
- Par serveur, plus une CAL par accès — moins cher quand les utilisateurs sont peu nombreux et identifiés. Le même mécanisme que Windows Server, avec les mêmes pièges : nous les expliquons ici.
Nos licences SQL Server sont sur la page serveur. Comme pour le reste, la clé est livrée avant paiement : vous installez, vous vérifiez, vous réglez ensuite.
Les erreurs qui coûtent une réinstallation
Avoir choisi le mode Windows uniquement alors qu'une application a besoin d'un identifiant SQL. Le basculement après coup demande une modification du registre et un redémarrage du service.
N'avoir ajouté aucun administrateur SQL. Sans compte administrateur, plus personne n'entre — et la récupération passe par un démarrage en mode mono-utilisateur.
Avoir installé une instance nommée sans raison. Toutes les chaînes de connexion devront porter le nom, et l'oubli d'un antislash occupe des soirées entières.
Avoir tout installé sur le disque système. Une base qui grossit remplit C:, et un Windows sans espace libre s'arrête.
En résumé
- Developer si ce n'est pas de la production — gratuite et complète.
- Express en production tant que 10 Go par base suffisent.
- Installation personnalisée sur un serveur, de base sur un poste.
- Mode mixte et mot de passe sa solide, ajoutez-vous comme administrateur.
- SSMS se télécharge à part — c'est l'oubli classique.
- Accès distant : TCP/IP activé, port 1433 ouvert, service démarré.
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